- GJK Producties, Feed the Fire
- De Verlichte Geest Club, Courtrai
- 27 février 2026
Jamais avare en matière d’affiches de qualité, De Verlichte Geest Club accueillait ce vendredi les Polonais de Batushka, actuellement en tournée en Belgique et aux Pays-Bas. Pour l’occasion, ils étaient accompagnés de Nyrak et Drôvich, pour compléter une soirée à forte teneur black metal. De quoi bien finir sa semaine, ou entamer son week-end — c’est selon.
Malgré des journées à rallonge, la nuit est déjà bien installée sur la Flandre lorsqu’il est temps de prendre la direction du DVG Club de Courtrai. Situé au cœur du LandMarck — la friche industrielle en reconversion de la société Van Marcke, progressivement requalifiée pour servir de cadre au sport et à la culture — la salle de concert jouit d’un cadre avantageux, à proximité de la gare, non loin du centre-ville, et avec pléthore de places de parking aux alentours. Si le couloir d’accès à la salle est ouvert tôt, il faut attendre l’heure annoncée en amont, soit 19 heures, pour accéder à la salle de concert en elle-même.
La configuration des lieux est plutôt spacieuse — il en existerait deux —, imaginée en longueur depuis l’entrée et le bar. La scène est assez petite mais permet d’être convenablement visible depuis à peu près partout. En revanche, si le système cashless du bar fonctionne plutôt bien, quelle n’est pas notre surprise en constatant que le stand de merch n’accepte que les espèces. Nous aurions juré être en 2026. Très vite, il est temps de prendre place aux abords de la scène pour assister à la première prestation du soir, assurée par les Belges de Nyrak, très actifs depuis le débuts des années 2020, à l’aide de leur black metal atmosphérique teinté de références antiques.
Le quatuor investit la scène à l’heure prévue, accoutré comme de coutume, en débutant son set par l’interprétation de « Leviathan », le titre introductif de son dernier album. Si les mélodies du titre sont reconnaissables, premier problème. Depuis le premier rang, il est complexe d’en distinguer toutes les nuances. Difficile de savoir si la basse ou la guitare rythmique est en cause, mais la guitare lead est noyée dans un marasme de saturations qui rend presque impossible d’apprécier la musique de Nyrak à sa juste valeur. Le groupe parvient d’ailleurs à la rendre encore plus énergique que sur album. Je resterai probablement toujours fasciné par les groupes de black metal atmosphérique qui sont capables de sublimer ainsi leur musique sur scène.
La communication avec le public (en anglais) est simple mais efficace. Malgré son étiquette de local support, Nyrak en impose vraiment sur scène et fait honneur à sa musique — à mi-parcours, le son semble même un peu plus coopératif. Sans avoir besoin d’en faire des caisses, les quatre musiciens sont suffisamment charismatiques pour attirer l’œil et donner l’impression d’une formation expérimentée. En bref, une très belle entrée en matière, et une discographie à creuser davantage. Première pause pour constater que la logistique est un sujet de premier ordre, avec l’imposante batterie de Batushka qui trône à l’arrière de la scène depuis le début de la soirée. Heureusement, du côté des Néerlandais de Drôvich, les trois musiciens n’ont pas besoin d’une place phénoménale sur les planches.
Dans des tenues plus sobres que celles de leurs prédécesseurs — chemises noires et pantalons noirs —, les membres du groupe entament leur prestation. Mike et Geale étant distants de bien cinq ou six mètres, le no man’s land que constitue le centre de la scène fait craindre l’arrivée d’un quatrième musicien ou d’un guest dont on a peine à imaginer l’identité, mais non, il s’agit simplement de laisser à nos deux hommes l’espace pour vagabonder. Cette fois-ci, le son est infiniment meilleur, et la musique de Drôvich, moins bâtie sur la saturation, résonne très bien dans la salle. Riche en riffs saillants et en mid-tempo dévastateurs, celle-ci se montre extrêmement accrocheuse. Le titre éponyme « Drôvich » en est un très bel exemple.
Par l’intermédiaire de Mike, le groupe communique beaucoup avec le public entre les titres. Votre humble narrateur brandit le poing au même titre que ses congénères en prétendant avoir des notions de néerlandais — ce qui est profondément faux. Une petite photo est prise avec le public avant que le groupe frison n’entame, déjà, le dernier titre d’une prestation qui a donné l’impression de passer en un éclair. Systématiquement le signe d’un passage remarquable. Branle-bas de combat sur scène, désormais, pour installer le copieux décorum destiné à appuyer le set de Batushka. Les techniciens sont affairés à installer des pupitres surmontés d’icônes, des bougies liturgiques, et un cercueil recouvert d’une espèce de plaschánitsa se trouve au centre de la scène. Tout est placé de façon à inverser les croix orthodoxes de style russe qui fleurissent un peu partout.
Comme à l’accoutumée, la prestation est introduite par l’hymne orthodoxe russe Кресту Твоему, riche en basso profundo, alors que la scène est plongée dans le noir. L’odeur du charbon destiné à faire se consumer l’encens indique que l’arrivée des membres du groupe sur scène est proche. Six musiciens se campent finalement face au public après avoir agité deux encensoirs, revêtus des habits du grand schème, vêtements monastiques aux croix et ornements mystiques qu’ils arborent à chaque représentation. Le temps pour le batteur de faire sonner les carillons sur sa batterie, et voici que Batushka entame sa prestation avec « Песнь 1 », issu de l’album Панихида. Outre les musiciens, deux choristes se trouvent aux deux extrémités de la scène pour soutenir les instrumentations.
Cependant, on s’aperçoit très vite que les problèmes rencontrés par Nyrak semblent refaire surface — à croire qu’il est impossible de jouer à deux guitares sans noyer la salle dans un marasme indicible de saturations enveloppantes et opaques. Je n’ai pas bougé, je suis toujours aux abords de la scène, et je ne dois ma capacité à suivre le cours des événements qu’à ma connaissance scolaire de la discographie de Batushka. Je passerai la fin du concert à l’arrière de la salle, pour un résultat à peine meilleur. Cette fois-ci, on entend énormément la batterie, en plus de la basse. Les chants éraillés sont inaudibles sans tendre l’oreille, mais les chœurs parviennent heureusement à percer la chape de temps à autre. Les passages moins saturés — comme les riffs inspirés d’Agni Parthene sur « Песнь 2 » — permettent également d’apprécier à sa juste valeur la musique riche en nuances du groupe polonais.
Outre ces désagréments, il se dégage évidemment quelque chose de monolithique de la prestation de Batushka. La communication avec le public est inexistante, ce qui renforce l’immersion et l’impression d’assister à une vigile hérétique. Cependant, même sur le plan scénique, le show est finalement assez neutre. L’arrivée sur scène est très bien ritualisée, mais une fois le concert entamé, les gestes manquent un peu pour animer les choses. Les jeux de lumières sont réglés au cordeau et intensifient toutefois l’expérience vécue. Satisfait de ma soirée mais un brin déçu par la qualité sonore, je quitte la salle avec mon compère du soir.
Si les Nyrak, Drôvich et Batushka ont redoublé d’efforts pour offrir au public des prestations énergiques ou immersives, on peut déplorer que la qualité du son — trop saturé, trop brouillon — n’ait pas permis de saisir toutes les nuances issues de la musique de ces groupes. Quoi qu’il en soit, je demeure très heureux d’avoir pu revoir Batushka sur scène, huit ans après ma première à Varsovie. Celui-ci a d’ailleurs été introduit par deux groupes très talentueux qu’il me faudra désormais suivre de près.
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Never stingy when it comes to quality lineups, De Verlichte Geest Club hosted the Polish black metal band Batushka this Friday, currently on tour in Belgium and the Netherlands. They were joined for the occasion by Nyrak and Drôvich, completing an evening steeped in black metal. The perfect way to cap off the week—or kick off the weekend, depending on your perspective.
Despite long days, night had already settled over Flanders by the time it was time to head to the DVG Club in Kortrijk. Located in the heart of the LandMarck—Van Marcke’s redeveloped industrial site, gradually repurposed for sports and cultural activities—the venue benefits from a convenient location, close to the train station, near the city center, and with plenty of parking nearby. While the hallway leading to the club opens early, access to the concert hall itself is only permitted at the scheduled time: 7 p.m.
The venue’s layout is fairly spacious—there are apparently two halls—designed lengthwise from the entrance and the bar. The stage is rather small but visible from nearly every angle. On the other hand, while the bar’s cashless system worked well, we were surprised to find that the merch stand only accepted cash. We could have sworn we were in 2026. Soon enough, it was time to take position near the stage for the evening’s first act, the Belgians Nyrak, active since the early 2020s, delivering atmospheric black metal with ancient-themed references.
The quartet took the stage on time, dressed as usual, opening with “Leviathan,” the introductory track from their latest album. The melodies were recognizable, but here lies the first problem: from the front row, it was difficult to catch all the nuances. Whether it was the bass or the rhythm guitar causing the muddle was unclear, but the lead guitar was lost in a wall of distortion, making it almost impossible to fully appreciate Nyrak’s music. Still, the band managed to make it even more energetic than on record. I will likely always be fascinated by atmospheric black metal bands that can elevate their music so effectively on stage.
Audience interaction (in English) was simple but effective. Despite their local support label, Nyrak commanded the stage and did justice to their music. Midway through the set, the sound even seemed a bit more cooperative. Without overdoing it, the four musicians were charismatic enough to catch the eye and convey the impression of an experienced formation. In short, a strong opening act and a discography worth exploring further. The first break revealed that logistics are a priority: Batushka’s massive drum kit had been in place at the back of the stage since the start. Thankfully, the three musicians of Drôvich did not require such a vast stage footprint.
Dressed more conservatively than their predecessors—black shirts and black pants—the members of Drôvich began their set. Mike and Geale were separated by at least five or six meters, leaving the center of the stage wide open and raising expectations of a possible fourth member or guest—but no, it was simply space for the two to move freely. This time, the sound was vastly improved, and Drôvich’s music, less reliant on distortion, resonated beautifully in the room. Rich in sharp riffs and devastating mid-tempos, it proved highly engaging. The eponymous track “Drôvich” was a perfect example.
Through Mike, the band communicated frequently with the audience between songs. Your humble narrator raised a fist along with the crowd, pretending to know some Dutch—which I most certainly did not. A quick photo was taken with the audience before the Frisian band launched into the final song of a set that seemed to pass in the blink of an eye—a sure sign of a remarkable performance. Stagehands then set to work, preparing the elaborate props for Batushka’s performance. Icon stands, liturgical candles, and a coffin draped with a type of plaschánitsa were placed center stage. Everything was arranged to feature inverted Russian-style Orthodox crosses prominently.
As usual, the set began with the Russian Orthodox hymn Кресту Твоему, rich in basso profundo, while the stage remained in darkness. The scent of burning charcoal hinted that the band’s arrival was imminent. Six musicians finally took their positions after swinging two censers, clad in full vestments, monastic garments adorned with crosses and mystical ornaments worn at every performance. After the drummer struck his bells, Batushka launched into “Песнь 1” from the album Панихида. Two choristers at opposite ends of the stage supported the instrumentation.
However, it quickly became clear that the sound issues encountered by Nyrak were resurfacing—as if it were impossible to play two guitars without drowning the room in an opaque wall of distortion. I remained near the stage, relying solely on my academic familiarity with Batushka’s discography to follow the performance. I spent the rest of the concert at the back of the hall, with only slightly better results. The drums dominated, alongside the bass. Raspy vocals were barely audible without straining, though the choruses occasionally pierced the distortion. Less saturated passages—such as the Agni Parthene-inspired riffs in “Песнь 2”—allowed the band’s richly nuanced music to shine.
Despite these sonic drawbacks, the performance exuded a monolithic presence. Communication with the audience was nonexistent, heightening the immersion and the sense of witnessing a heretical vigil. Even on stage, the show was fairly neutral: the ritualized entrance was impressive, but once the concert began, gestures and movement were minimal. The lighting, however, was meticulously tuned and enhanced the experience. Satisfied with the evening but a little disappointed by the sound quality, I left the venue with my companion for the night.
While Nyrak, Drôvich, and Batushka all delivered energetic or immersive performances, it is regrettable that poor sound quality—too distorted, too messy—prevented the full appreciation of the nuances in their music. In any case, I was thrilled to see Batushka live again, eight years after my first encounter in Warsaw. They were preceded by two highly talented bands that I will now be following closely.
