- États-Unis
- Dungeon Synth
- Indépendant
- 6 février 2026
À l’heure où les artistes de dungeon synth — en musique comme dans les arts graphiques — rivalisent de talent et d’astuce pour attirer l’œil du chaland sur leur travail, il convient parfois de chercher ce qui, au contraire, n’est pas fait pour briller. Non sans mesquinerie, c’est par pur esprit de subversion que l’on cherche parfois la pochette la moins clinquante, le nom de projet le plus facile, bref, mettre la main sur ce que l’on n’aurait pas dû remarquer. Et c’est ainsi que l’on fait connaissance avec Grave of Silent Dreams, auteur de sa deuxième démo depuis le début de l’année.
Originaire des plaines interminables de l’Iowa, le projet américain n’a clairement pas choisi la lumière pour faire parler de lui. Un tout petit mois après la sortie de Hollow Ruins, sa première démo, voici déjà la deuxième, Only the Dead Know. On y distingue une façon neutre de thématiser sa musique, et surtout, de l’illustrer. Les pochettes sont monochromes, ternes, voire de piètre qualité. Sur celle qui habille Only the Dead Know, tout juste distingue-t-on les parois décrépites de quelque cave, et des marches qui mènent à un semblant de clarté. A-t-on besoin de plus ?
Musicalement, on imagine assez facilement ce à quoi la musique de Grave of Silent Dreams peut ressembler. Only the Dead Know, comme son prédécesseur, propose une narration seamless, c’est-à-dire à la façon d’une piste unique qui fait fi de chaque titre structurant la démo. On y distingue toutefois trois ou quatre titres différents, tous faits du même bois. Le dungeon synth du projet américain s’inspire beaucoup de celui des origines, lorsqu’on l’appelait encore volontiers dark ambient, et que son épaisseur résidait davantage dans la texture des nappes de claviers que dans la variété des mélodies.
En clair, ça sature, ça crépite, ça noie l’auditeur dans un assemblage pas si arbitraire de sonorités enveloppantes à souhait. Vingt minutes durant, les paysages sonores se succèdent pour tisser dans l’air un décor sombre, oublié et propice à une évasion totale. Les mélodies y sont rares mais pas inexistantes. Au début de ce qui ressemble au deuxième titre de la démo, quelques notes impriment un motif entêtant qui rendent le moment marquant par sa langueur et son affliction. Rien de très positif n’émane de la musique de Grave of Silent Dreams, mais dans le portrait qu’il nous fait de son monde souterrain, le projet américain brille de mille feux.
Non sans un brin d’émotion, je suis heureux de voir que le dungeon synth demeure capable d’inspirer des artistes dans leur quête de réclusion. Loin des scènes qui fleurissent en Europe et des albums plébiscités pour leur sens de l’hybridation musicale, on trouve encore des artistes capables de produire les sorties les plus sombres et les plus texturées qui soient. À son échelle et dans son registre dépouillé, Grave of Silent Dreams est assurément de l’une des attractions de ce début d’année.
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At a time when dungeon synth artists — both musically and visually — compete in talent and ingenuity to catch the listener’s eye, it can sometimes be worthwhile to seek out what, on the contrary, was never meant to shine. Not without a touch of pettiness, it is in a spirit of pure subversion that one may deliberately look for the least flashy cover, the most unassuming project name — in short, to lay hands on what was not supposed to be noticed. And thus we become acquainted with Grave of Silent Dreams, author of its second demo since the beginning of the year.
Hailing from the endless plains of Iowa, the American project has clearly not chosen the spotlight to make itself known. Barely a month after the release of Hollow Ruins, its first demo, here comes the second, Only the Dead Know. One notices a neutral way of thematizing its music, and above all, of illustrating it. The covers are monochrome, dull, even of questionable quality. On the one adorning Only the Dead Know, one can barely make out the decaying walls of some cellar, and a flight of steps leading toward a faint semblance of light. Do we need more?
Musically, it is fairly easy to imagine what Grave of Silent Dreams sounds like. Only the Dead Know, like its predecessor, offers a seamless narrative — that is, in the form of a single track that disregards the titles structuring the demo. Still, three or four distinct pieces can be discerned, all cut from the same cloth. The project’s dungeon synth draws heavily from its early days, when it was still readily referred to as dark ambient, and when its density lay more in the texture of its keyboard layers than in melodic variety.
In plain terms, it saturates, it crackles, it drowns the listener in a not-so-arbitrary assembly of enveloping sounds. For twenty minutes, sonic landscapes follow one another to weave into the air a dark, forgotten setting conducive to total escapism. Melodies are rare, though not absent. At the beginning of what feels like the demo’s second piece, a few notes imprint a haunting motif that makes the moment memorable in its languor and affliction. Nothing particularly uplifting emanates from the music of Grave of Silent Dreams, yet in the portrait it paints of its subterranean world, the American project shines brilliantly.
Not without a hint of emotion, I am glad to see that dungeon synth remains capable of inspiring artists in their pursuit of seclusion. Far from the burgeoning European scenes and the albums praised for their musical hybridization, there are still artists able to produce the darkest and most textured releases imaginable. Within its modest scope and stripped-down approach, Grave of Silent Dreams is undoubtedly one of the early year’s standouts.
