- France
- Dungeon Synth
- Indépendant
- 1er octobre 2025
Au début du mois d’octobre dernier, Bosenn Werblus a proposé à ses ouailles une sortie parfaitement destinée à la période de l’année, qui séduit toujours son monde par ses atours mordorés et envoûtants. Chroniques d’une jeune sorcière se présente sous la forme d’un album assez riche, et pourtant étonnamment digeste. Le projet français y aborde les thématiques habituelles de la sorcellerie et d’un macabre teinté de cette malice automnale, qui fait plus frissonner que trembler. Non sans faire preuve d’un certain charme dans ses mélodies — oserait-on dire d’une certaine noblesse —, Bosenn Werblus a signé une sortie qui se prête par ailleurs à plus d’un contexte.
Pour illustrer sa musique, l’artiste s’appuie sur l’œuvre du peintre espagnol Luis Ricardo Falero La sorcière (1882), qui a la particularité d’avoir été peinte à l’huile sur un tambourin. Sans aller jusqu’à imposer un parallèle qui ne tombe pas sous le sens avec la musique de Bosenn Werblus, il faut reconnaître à ce dernier un goût certain pour les sonorités douces. En ce sens, la pochette de ces Chroniques d’une jeune sorcière introduit brillamment la musique qu’elle incarne visuellement, par ses teintes assez vives et son trait généreux. Loin des sonorités souvent râpeuses du dungeon synth que l’on associe à Halloween, le style du projet français est très propre, cristallin, presque éclatant à certains égards.
Bosenn Werblus est un projet élégant. Peut-être la formulation fera-t-elle bondir le principal intéressé. Il faut néanmoins admettre que l’artiste s’appuie brillamment sur des sonorités et des mélodies captivantes, enveloppantes, sans jamais en faire trop. Le point d’orgue d’épouvante des Chroniques est sans doute « Le monolithe sinistre », suivi d’un interlude qui est fait du même bois, et qui verse davantage dans les affres inquiétantes du dark ambient. En dehors de cela, tout chez Bosenn Werblus sonne juste et harmonieux. On sent que la toile de fond est moins enchanteresse qu’énigmatique, mais l’artiste met tout en œuvre pour que la contemplation passe avant tout le reste, ce qui rend l’album étonnamment accueillant pour ses thématiques.
Par ailleurs, les paysages sonores se montrent riches, une impression renforcée par la durée de la plupart des titres, qui rendent l’ensemble très dense. On trouve dans ces Chroniques une certaine lenteur introspective, avec « Un soir, au clair de lune… » ; un peu de légèreté avec « Une apprentie sorcière » ; des motifs répétés à l’envi pour aller chatouiller un registre plus aérien, sur « La caverne des âmes ». Le dernier né de Bosenn Werblus est assurément un album riche qu’on ne se lasse pas d’explorer, et dont le contenu va beaucoup plus loin, musicalement, que ne laissent entendre ses thématiques familières.
Bosenn Werblus a fourni un travail de grande qualité en livrant ses Chroniques d’une jeune sorcière. Graphiquement et musicalement, l’album a tout d’un grand, et il s’incarne d’ailleurs dans deux éditions physiques tout à fait jolies. Seul album longue durée de la discographie du projet, qui compte également dans ses rangs deux singles, les Chroniques gagneraient vraiment à être complétées d’une nouvelle sortie aussi conséquente dans le futur. Pourvu que l’artiste français demeure aussi inspiré qu’il l’a été sur cette excellente livraison.
AI-generated translation. In our articles, we constantly strive to incorporate stylistic value to make our writing more vibrant and to best honor the music we analyze, but naturally, we are only capable of such a level of writing in French. Please keep in mind that some phrases and stylistic nuances might be altered by the tool.
At the beginning of last October, Bosenn Werblus offered his followers a release perfectly suited to that time of year, which never fails to captivate with its burnished, bewitching hues. Chroniques d’une jeune sorcière takes the form of a rather rich album, and yet remains surprisingly digestible. The French project explores its usual themes of witchcraft and a macabre tinged with that autumnal mischief which chills more than it terrifies. Without lacking a certain charm in its melodies—one might even dare call it a form of nobility—Bosenn Werblus has delivered a release that readily lends itself to more than one setting.
To illustrate his music, the artist draws on the work of Spanish painter Luis Ricardo Falero, The witch (1882), notable for having been painted in oil on a tambourine. Without forcing a comparison that would not be immediately self-evident with Bosenn Werblus’s music, one must nevertheless acknowledge his clear taste for gentle sonorities. In this respect, the artwork of Chroniques d’une jeune sorcière brilliantly introduces the music it visually embodies, through its rather vivid tones and generous brushwork. Far removed from the often coarse textures of dungeon synth typically associated with Halloween, the style of the French project is very clean, crystalline, almost radiant at times.
Bosenn Werblus is an elegant project. The phrasing may well make the man himself wince. Still, it must be admitted that the artist skillfully relies on captivating, enveloping sounds and melodies, never overindulging. The high point of horror in the Chroniques is likely “Le monolithe sinistre,” followed by an interlude cut from the same cloth, leaning further into the unsettling throes of dark ambient. Beyond that, everything in Bosenn Werblus sounds right and harmonious. One senses that the backdrop is less enchanting than it is enigmatic, yet the artist does everything to ensure that contemplation takes precedence over all else, which makes the album surprisingly welcoming given its themes.
Moreover, the soundscapes prove to be rich, an impression reinforced by the length of most tracks, which lends the whole a notable density. Within these Chroniques, one finds a certain introspective slowness in “Un soir, au clair de lune…”; a touch of lightness in “Une apprentie sorcière”; and repeated motifs indulged to the fullest to tease out a more aerial register in “La caverne des âmes.” Bosenn Werblus’s latest offering is undeniably a rich album that never tires of being explored, and whose musical content goes far beyond what its familiar themes might suggest.
Bosenn Werblus has delivered work of great quality with Chroniques d’une jeune sorcière. Graphically and musically, the album has all the makings of something significant, and it also comes embodied in two particularly attractive physical editions. As the only full-length album in the project’s discography—alongside two singles—the Chroniques would truly benefit from being followed up by another release of similar scope in the future. One can only hope the French artist remains as inspired as he has been on this excellent offering.
