- Finlande
- Black Metal
- Debemur Morti Productions
- 11 septembre 2026
Quatre ans après la sortie d’un EP fort bien troussé, les élégants Finlandais d’Archgoat remettent le couvert avec la sortie de Nightbringer, Lightbringer, un nouvel album longue durée, le premier depuis Worship the Eternal Darkness, sorti en 2021. Toujours sous la bannière tricolore de Debemur Morti, la formation de Turku continue d’explorer en profondeur les méandres malodorants de son black metal gras et bestial. Que les amateurs du groupe se rassurent, il n’a sans doute jamais été question qu’Archgoat dérive de la trajectoire qui est la sienne depuis maintenant toutes ces années. Cette nouvelle sortie le prouve, les Finlandais versent dans le blasphème comme au premier jour.
Au mépris du poids des années, Archgoat se présente de nouveau face à ses adorateurs affublé d’une pochette aux tons monochromes — exception faite de son joli logo et du titre de l’album, d’un rouge mat — et dessinée, je vous le donne en mille, par un certain Chris Moyen. Quand je vous disais que les Finlandais continuaient à marcher d’un pas lent et méthodique dans la même direction depuis le temps de Mathusalem, ce n’était pas simplement une image. Un groupe dont la recette fonctionne a-t-il toutefois besoin de se renouveler ? Que nenni, et ce n’est sûrement pas le gatekeeper face à l’éternel qui vous sert de narrateur qui viendra bousculer cet état de fait. Archgoat demeure Archgoat, et les choses sont très bien ainsi.
Après une brève introduction qui prend la forme d’une invocation à Satan, le titre éponyme se charge d’ouvrir véritablement les hostilités, et il ne faut pas attendre bien longtemps avant de retrouver tout ce qui fait le sel de la musique du groupe. Des riffs épais et rudimentaires, la voix d’outre-tombe de Lord Angelslayer et cette batterie qui passe sans sourciller du martèlement le plus sommaire à quelques accélérations autrement plus féroces. La production fait également beaucoup pour le rendu général, elle est épaisse sans être étouffante, abrasive comme il faut, elle laisse surtout beaucoup d’espace aux fréquences basses. Vous connaissez votre cher narrateur, il n’en faut vraiment pas plus pour le mettre dans de bonnes dispositions.
On ne reviendra pas sur la capacité du groupe à secouer son auditoire lorsqu’il en ressent le besoin — « Iconoclasm the Nazarene » en est un bel exemple. Il faut néanmoins avoir quelques mots pour les quelques moments où le registre s’illustre moins par son goût de la violence que par une certaine propension à prendre un brin de distance. Les titres « The Dawn To Armageddon » et « The Light Behind the Horns » se permettent une ambiance un peu moins frénétique et marquée par des riffs moins saccadés, comme en témoigne cette petite envolée mélodique qui suit le cours de « The Dawn to Armageddon ». Sans se voiler la face sur les intentions très conservatrices d’Archgoat, qui ne s’est de toute façon pas assagi avec le temps, il faut souligner ces tentatives très réussies d’apporter du relief à un ensemble autrement très homogène.
Et pourtant, ça ne tourne pas vraiment en rond. Ou plutôt si, mais on s’en fiche éperdument. On ne se lasse pas d’avoir droit à la même formule sortie après sortie. Il y est toujours question de glorifier Satan, de bousculer le christianisme avec une ferveur avinée, et évidemment de désavouer le message délivré par le Christ. Tout ça, sur fond de black metal sale, intelligible, rudimentaire, mais tellement efficace et accrocheur qu’on aurait presque peur d’en développer une dette cognitive. Les quelques nuances apportées à la production suffisent à éviter l’impression de simple décalque, mais l’essentiel est ailleurs. On le trouve dans ces riffs qui rampent, dans ces accélérations soudaines et dans ces coups de parpaing qui donnent régulièrement envie de remuer la tête comme un demeuré. Putain, qu’est-ce que ça marche.
C’est sans doute tout le paradoxe de Nightbringer, Lightbringer. Il serait difficile de trouver quoi que ce soit de très neuf à raconter à son sujet, et probablement encore plus difficile de considérer cela comme un défaut. Malgré une carrière désormais très longue et jonchée de sorties de grande qualité, Archgoat continue de perfectionner une formule primitive, grasse et blasphématoire dont il demeure l’un des meilleurs représentants. Et c’est à peu près tout ce qu’il y a de plus vertueux à attendre de sa part…
AI-generated translation. In our articles, we constantly strive to incorporate stylistic value to make our writing more vibrant and to best honor the music we analyze, but naturally, we are only capable of such a level of writing in French. Please keep in mind that some phrases and stylistic nuances might be altered by the tool.
Four years after the release of a very finely crafted EP, the elegant Finns of Archgoat are back for another helping with Nightbringer, Lightbringer, a new full-length album and their first since Worship the Eternal Darkness, released in 2021. Still flying the tricolor banner of Debemur Morti, the Turku outfit continues to delve deep into the foul-smelling recesses of its greasy, bestial black metal. Fans of the band can rest easy: there was probably never any question of Archgoat straying from the path it has been following for all these years. This new release proves it—the Finns indulge in blasphemy just as they did on day one.
In defiance of the passing years, Archgoat once again presents itself before its worshippers clad in a monochrome cover—save for its handsome logo and the album title, both rendered in a dull red—and drawn, you guessed it, by a certain Chris Moyen. When I told you that the Finns had been marching slowly and methodically in the same direction since the days of Methuselah, it was not merely a figure of speech. But does a band whose formula works really need to reinvent itself? Not in the slightest, and it certainly will not be the inveterate gatekeeper serving as your narrator who comes along to upset the established order. Archgoat remains Archgoat, and things are perfectly fine that way.
After a brief introduction taking the form of an invocation to Satan, the title track gets the hostilities properly underway, and it does not take long before everything that gives the band’s music its particular flavor comes rushing back. Thick, rudimentary riffs, Lord Angelslayer’s voice from beyond the grave, and drums that shift without batting an eyelid from the most basic pounding to considerably more ferocious bursts of speed. The production also contributes greatly to the overall result: thick without being suffocating, abrasive just as it should be, and above all leaving plenty of room for the low frequencies. You know your dear narrator by now—it really does not take much more than that to put him in a receptive mood.
There is little need to dwell once again on the band’s ability to shake its audience whenever it feels the urge—“Iconoclasm the Nazarene” is a fine example. A few words should nevertheless be spared for those moments when the music distinguishes itself less through its taste for violence than through a certain tendency to take a slight step back. “The Dawn to Armageddon” and “The Light Behind the Horns” allow themselves a somewhat less frantic atmosphere, marked by riffs that are less choppy, as illustrated by the little melodic flourish that runs through “The Dawn to Armageddon.” Without kidding ourselves about Archgoat’s deeply conservative intentions—the band has hardly mellowed with age anyway—these highly successful attempts to give some relief to an otherwise very homogeneous whole deserve to be highlighted.
And yet it never really feels like it is going around in circles. Or rather, it does, but we could not care less. One simply never grows tired of being served the same formula release after release. It is still about glorifying Satan, taking swings at Christianity with drunken fervor, and, of course, repudiating the message delivered by Christ. All of this against a backdrop of black metal that is filthy, intelligible, rudimentary, yet so effective and catchy that one might almost fear developing a cognitive debt toward it. The few nuances introduced into the production are enough to prevent the whole thing from feeling like a mere carbon copy, but the essential lies elsewhere. It lies in those crawling riffs, those sudden accelerations, and those regular blows to the head with a cinder block that make you want to bang your head like an idiot. Fuck, does it work.
That is probably the whole paradox of Nightbringer, Lightbringer. It would be difficult to find anything particularly new to say about it, and probably even harder to regard that as a flaw. Despite a career that now stretches back many years and is littered with high-quality releases, Archgoat continues to perfect a primitive, greasy, and blasphemous formula of which it remains one of the finest representatives. And that is about the most virtuous thing one could possibly expect from them…
