- Canada
- Black Metal
- Indépendant
- 1er janvier 2026
Depuis 2023, Turpitude est sur un bon rythme d’une sortie par an. Si 2025 ne nous a offert qu’une démo, un nouvel album longue durée fait son arrivée dès le premier jour de 2026. Le projet solo québécois, œuvre de l’artiste Alice Simard, dévoile ainsi Mordoré, qui semble évoluer dans le sillage de ses prédécesseurs. Persistant à faire sonner son black metal à la fois cru et coloré — si si, je vous assure — Turpitude fait d’ores et déjà partie des entités qui marquent ce début d’année de leur empreinte. Derrière l’identité légère et léchée qui semble caractériser le projet, la musique se montre plus redoutable qu’il n’y paraît.
Tout en sensualité, Turpitude — projet féminin, donc — a choisi une certaine image de la féminité pour illustrer son nouvel album. On peut admirer sur la pochette qui orne Mordoré le tableau d’un certain Teodor Axentowicz — peintre polonais d’origine arménienne, associé au courant de la Jeune Pologne — intitulé Wiosna (Printemps). Par ses motifs floraux, sa lumière douce et ses couleurs pastel, Wiosna n’est pas l’évidence absolue pour illustrer un album de black metal — au-delà, évidemment, de la symbolique strictement féminine. Et pourtant, à l’écoute de la musique du projet canadien, on y perçoit vite un écho qui dépasse le simple cadre de l’illustration.
Musicalement, Turpitude est une entité singulière et assez énergique. La base est assurément black metal. Très black metal. On peut le constater dès les premières notes de « Bourrasque perçante », la batterie est omniprésente, à un rythme effréné bien souvent. Le riffing est saisissant, sans crier gare le moins du monde, et révèle probablement un biberonnage rigoureux à la scène finlandaise. Bref, dans sa configuration par défaut, Turpitude dévoile une appétence certaine pour le black metal cru, froid et admirablement soutenu par des riffs dévastateurs — comme sur « Bourrasque perçante » donc, mais aussi sur « La traverse mordorée ». Peut-on conclure en affirmant que Turpitude est un pur produit de la scène métal noir québécois ? Pas vraiment.
Il faut dire que notre artiste aime le contre-pied. Sans aller jusqu’à bouleverser la teneur de sa musique, on trouve sur Mordoré quelques passages tout à fait rafraîchissants qui n’ont pas leur pareil pour augmenter l’expérience sans totalement contraster avec le reste de l’album. On peut citer ce délicieux interlude, tout en mid tempo, sur « La traverse mordorée », qui permet par ailleurs de définitivement mettre au crédit de l’artiste son sens du riffing. Mais surtout, ces éléments se révèlent lors d’instants plus lents, plus contemplatifs, et surtout, bien plus riches en émotions. Sur « Peintre », une bonne partie du titre est composée d’un riff déchirant asséné à tue-tête et soutenu par une batterie léthargique, comme pour imprimer dans l’esprit de chacun de bien funestes pensées.
Il faut également reconnaître à Turpitude sa maîtrise de la lumière. À l’image de la pochette qui illustre Mordoré, le contenu musical n’est jamais totalement sombre, malgré la crudité que la production revêt par instants. « Aller de l’avant » en est le vibrant exemple, grâce à ses riffs titillant les aigus et sa batterie presque enjouée. Quelques longueurs sont à signaler d’un bout à l’autre de l’album — un peu sur « Peintre », et surtout dans la seconde moitié de « Bourrasque perçante » —, mais l’ensemble brille malgré tout par sa cohérence et par l’assemblage de couleurs qui en résulte. Le black metal de Turpitude est inhabituel, mais il vaut assurément qu’on s’y attarde.
C’est une belle réussite de la part d’Alice Simard. Pour sa première grosse sortie depuis 2024, l’artiste québécoise a fait monter d’un cran le niveau affiché par Turpitude, dans la production d’abord, mais surtout en termes de riffing. Je mets quiconque en douterait au défi de ne pas se laisser entraîner par l’énergie folle des deux premiers titres de Mordoré. Ce début d’année 2026 réserve décidément bien des surprises.
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Since 2023, Turpitude has settled into a steady rhythm of one release per year. If 2025 only offered us a demo, a new full-length arrives on the very first day of 2026. The Québec-based solo project, the work of artist Alice Simard, thus unveils Mordoré, which seems to evolve in the wake of its predecessors. Persisting in making her black metal sound both raw and colorful — yes, really, I mean it — Turpitude already stands among the projects leaving their mark on this early part of the year. Beneath the polished and almost delicate identity that appears to define the project, the music proves far more formidable than it might suggest.
Steeped in sensuality, Turpitude — a female-led project, therefore — has chosen a particular image of femininity to illustrate this new album. The cover of Mordoré features a painting by Teodor Axentowicz — a Polish painter of Armenian origin, associated with the Young Poland movement — entitled Wiosna (Spring). With its floral motifs, soft light and pastel colors, Wiosna is hardly the most obvious choice to illustrate a black metal album — beyond, of course, its strictly feminine symbolism. And yet, when listening to the music of the Canadian project, one quickly senses an echo that goes beyond mere visual correspondence.
Musically, Turpitude is a singular and rather energetic entity. The foundation is unmistakably black metal. Very black metal. This is clear from the very first notes of “Bourrasque perçante”: the drums are omnipresent, often racing at a frantic pace. The riffing strikes without warning and betrays a likely rigorous upbringing on the Finnish scene. In short, in its default configuration, Turpitude reveals a genuine appetite for raw, cold black metal, magnificently carried by devastating riffs — on “Bourrasque perçante”, yes, but also on “La traverse mordorée”. Can we then conclude that Turpitude is a pure product of the Québec black metal scene? Not quite.
Because the artist clearly enjoys going against the grain. Without ever overturning the core of her music, Mordoré contains several refreshing passages that enrich the experience without clashing with the album’s overall cohesion. One might point to the delightful mid-tempo interlude on “La traverse mordorée”, which also definitively confirms the artist’s strong sense of riffing. But these nuances truly reveal themselves during slower, more contemplative moments — and above all, far more emotionally charged ones. On “Peintre”, a significant portion of the track rests on a heart-rending riff hammered home relentlessly, supported by a lethargic drum pattern, as though meant to imprint the bleakest thoughts deep within the listener’s mind.
Turpitude must also be credited with a keen mastery of light. Much like the artwork that illustrates Mordoré, the musical content is never entirely dark, despite the occasional rawness of the production. “Aller de l’avant” stands as the most vibrant example, with its high-tinged riffs and almost cheerful drumming. A few moments of lengthiness are worth noting across the album — slightly on “Peintre”, and more noticeably in the second half of “Bourrasque perçante” — but the whole nevertheless shines through its coherence and the palette of colors it manages to assemble. Turpitude’s black metal is unusual, and it is certainly worth taking the time to engage with.
This is a fine achievement on Alice Simard’s part. For her first major release since 2024, the Québec artist has raised the bar for Turpitude — first in terms of production, but above all in terms of riffing. I challenge anyone who might doubt it not to be swept away by the wild energy of the first two tracks on Mordoré. Early 2026 is already shaping up to hold more than a few surprises.
